1- Historique

Si les éléments architecturaux de l’église Saint-Étienne permettent de penser que celle-ci vit le début de son édification dès la fin du XIIe siècle, la surveillance archéologique opérée à l’occasion des récents travaux de restauration du chœur de l’église a permis de mettre au jour les traces d’une église antérieure dont le sol était quelque 60 cm plus bas. Cette première église était-elle complètement édifiée, ou s’agit-il seulement d’un premier projet abandonné? L’exiguïté des surfaces découvertes ne permet malheureusement pas d’y répondre. Une belle base de trois colonnettes de style gothique, datable du XIIe siècle, est pour l’heure le seul élément de datation.
On sait que des reliques insignes (dont un fragment de la mâchoire de saint Etienne) furent rapportées de Terre Sainte par un franciscain du nom de frère Robert de Brie en 1249. Il semble que la construction de l’église ait été achevée au milieu du XIVe siècle, comme l’attestent de nombreux indices architecturaux. C'est le 16 avril 1363 qu'eut lieu la dédicace de l'église, par l'évêque de Paris, Jean de Meulan, ancien archidiacre de la Brie.
Une reprise des premières travées eut lieu à la Renaissance. L’observation attentive, lors de la restauration intérieure, révèle un affaissement partiel du monument expliquant cette importante restauration avec reprise en sous-œuvre du début du XVIe siècle. Sans toutefois altérer l’harmonie de l’édifice et en respectant les parties d’origine encore en place, l’enchevêtrement des styles est visible à de nombreux endroits.
Après son classement parmi les premiers monuments historiques en 1840, l’église a connu de nombreuses réparations ou consolidations.

photo le Secq

Henri Le Secq - Photographe -1851
Ministère de la Culture - Médiathèque de l'architecture et du patrimoine

2- Les restaurations modernes

C’est à partir de 1997 qu’un grand programme de restauration totale de l’église a été projeté par la volonté de la Municipalité, avec l’aide du Ministère de la Culture, la Région et du Département.

Les premières campagnes se sont attachées à la restauration extérieure de l’édifice, hormis le clocher et une partie du côté sud.
Les vitraux ont été restaurés, notamment la belle rosace du XIIIe siècle. Trois vitraux ont été créés dont deux de style contemporain.

Restait l’intérieur. L’état de délabrement du badigeon de chaux écaillé et noirci, nécessitait d’éliminer minutieusement cette couche afin de retrouver les nombreuses couleurs encore visibles de façon parcimonieuse sur l’ensemble de la partie gothique du monument. Les grattages ont permis de confirmer que, comme de nombreuses églises gothiques, l’église de Brie était entièrement peinte dès son origine.
Après une étude très minutieuse des pigments employés, les couleurs ont été fidèlement restaurées ou complétées afin de redonner à l’édifice son harmonie originelle.
La partie restaurée au XVIe siècle ne présentant pas de polychromie a été repeinte dans un ton pierre.
Gargouilles, colonnettes, chapiteaux, réseau de la rosace, croix à fleurons située au sommet du pignon du chevet, etc. ont été restaurés ou remplacés, à l’intérieur comme à l’extérieur. Les trois fenêtres en lancettes du chevet, cachées aujourd’hui à l’intérieur par le retable du XVIIIe siècle, ont été remises en valeur à l’extérieur, par la reproduction en trompe l’œil des anciennes verrières.

 

3- Les restaurations à venir

Mais tout n’est pas terminé…
Les bas-côtés, le mobilier et l’ensemble des tableaux attendent leur tour, ainsi que le clocher, emblème de la ville de Brie-Comte-Robert. La volonté municipale de poursuivre les restaurations inscrit ainsi notre moderne XXIe siècle dans la continuité des bâtisseurs médiévaux.