La grande nef

 

Ce grand vaisseau de 35 mètres de long sur 9 mètres de large est constitué d'une succession ininterrompue de huit travées égales. Il est de coutume de les numéroter à partir du portail, mais pour respecter la chronologie, la description sera menée à partir du chevet. Les trois travées près du chevet sont réservées au chœur . Elles marquent les premières années de construction de l’église, de la fin du XIIe siècle au début du XIIIe siècle. Sa limite avec la nef proprement dite est marquée, au sol, par une marche.

 


Le grand vaisseau et ses travées du choeur.

Dans sa hauteur (18,90 mètres), la structure générale de la grande nef s'étage sur trois niveaux : Les grandes arcades au premier niveau, le triforium (ou galerie) au deuxième niveau et les fenêtres hautes au troisième niveau .


Chapiteau orné de feuillages à crochets
de la fin du XIIe siècle.

Deux époques architecturales s'exposent au rez-de-chaussée : dans le chœur, les grandes arcades en arc brisé, décorées d’une moulure à boudins, reposent sur des colonnes cylindriques à socles quadrangulaires, décorés de griffes à chacun de leurs angles. Les chapiteaux sont ornés de feuillages à crochets, surmontés d’un tailloir carré supportant trois colonnettes surmontées de chapiteaux.

 


Le premier pilier nord, plus volumineux et de plan losangique, est composé de colonnettes, également à chapiteaux .
Il constitue un des points d'appui de la tour du clocher.

A partir de la quatrième travée, les colonnes de base se modifient brutalement, leurs sections sont quadrilobés (style flamboyant, début XVIe siècle). Elles ne portent plus de chapiteau, et les grandes arcades viennent pénétrer directement dans le fût de la colonne. Seule une petite tête sculptée en marque le contact.


Piliers du XVIe siècle sans chapiteau et
chaire en bois sculpté.


Le triforium sud du XIIIe et XIVe siècles.

Au deuxième niveau, se découpe le triforium, galerie ajourée située au dessus des bas-côtés. Il est constitué d'une série d'arcades géminées, sauf au niveau du clocher, où il présente l'aspect d'une fausse tribune .

Les troisième, quatrième, cinquième, sixième et septième travées nord ainsi que les six dernières travées du côté sud ont un triforium aux colonnettes surmontées de chapiteaux à crochets et tailloir polygonal datables du XIIIe siècle. Le triforium des deux premières travées, de chaque côté de la nef, est du XIVe siècle.

Au troisième niveau, les fenêtres hautes éclairent les voûtes. Chacune est divisée en deux parties, par un meneau surmonté d'un oculus. Les baies des trois premières travées, près du portail, sont en plein cintre (XVIe siècle).


Les fenêtres hautes suivantes, en arcs brisés et dont le réseau est souligné par des moulures cylindriques, sont datables du début du XIIIe siècle.

Cet enchevêtrement déroutant de styles indique la nécessité d'une importante consolidation avec reprise en sous-œuvre. Elle a donc dû être menée à bien au XVIe siècle, sans toutefois altérer l’harmonie de l’édifice et en respectant les parties d’origine encore en place.

 



Les fenêtres hautes du XIIIe et XVIe siècles.


Arcades du XIVe siècle surmontées
par la rose Renaissance.


Le mur intérieur de la façade est percé, au rez-de-chaussée par le grand portail encadré par deux faisceaux de colonnettes du XIIIe siècle. Sur le parement du mur du premier étage, se dessinent quatre arcatures du XIVe siècle avec petits chapiteaux et feuillages finement sculptés. Au dessus, le pignon est percé de la rose renaissance, à double rangée de rayons, dite La Marguerite.